État d’urgence : deux employés musulmans licenciés pour des “prétextes fallacieux”

Etat d’urgence : le maccarthysme à la française ou la chasse aux musulmans | Communiqué du CRI

La Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI) dénonce les dérives liées à ce qu’il est convenu d’appeler l’islamophobie d’Etat.

Notre association a été sollicitée par deux citoyens victimes de la chasse aux sorcières entamée bien avant le 13 Novembre 2015  et qui s’est amplifiée après cette date dramatique, ce qui confirme, si besoin, que la chasse aux musulmans est ouverte et certains en profitent pour «  faire leur carton ».

Le premier cas concerne un enseignant Mr Sadok H. suspendu de ses fonctions d’enseignant de langue et culture d’origine depuis Juin 2013 sous le prétexte fallacieux qu’il aurait effectué un discours religieux en arabe lors d’une manifestation. Ce monsieur qui exerce consciencieusement son métier depuis 1990 n’a jamais été sanctionné ou subi la moindre remarque sur son professionnalisme ou ses compétences. En plus d’avoir perdu son emploi Mr Sadok a été exclu du logement de fonction qu’il occupait depuis plusieurs années. Nous exigeons avec le syndicat SUD éducation qui soutient Mr Sadok , la réintégration de cet enseignant et l’arrêt immédiat des injustices que lui fait subir le Ministère de l’Education Nationale à travers son DASEN des Bouches du Rhône.

Le deuxième cas concerne Mr H. conseiller en insertion socio-professionnelle depuis 2009 qui a subi un licenciement abusif et scandaleux de la part de la Mission Locale qui l’employait suite à des pressions politiques de la part de la Mairie de Salon de Provence proche de Monsieur Estrosi.

Mr H. a eu le malheur de critiquer  sur son compte Facebook les positions du parti Les Républicains et du Front national durant la campagne électorale pour les Régionales, et il  a exprimé sa position de musulman contre le terrorisme en s’appuyant sur des Versets du Coran.

Mr H s’est exprimé en tant que citoyen et en dehors de ses horaires de travail, mais ceci n’est pas pris en compte par son employeur qui a voulu le sanctionner au nom de la laïcité et de l’état d’urgence !

CRI a saisi le député Patrick MENNUCCI membre de la Commission parlementaire du contrôle de l’état d’urgence afin de mettre fin à ces abus inacceptables qui cachent une islamophobie évidente et une atteinte aux droits fondamentaux de Mr H.

CRI exige la réintégration, dans leur emploi,  de ces deux citoyens victimes de l’arbitraire des pouvoirs publics et d’acteurs politiques qui ont des pratiques féodales indignes de la République.

Le 8 Mars 2016
www.crifrance.com

Partagez :