Québec – Débat sur le voile entre une musulmane et une “Fadela Amara”

La “charte des valeurs” est au cœur des débats au Québec. Il est question d’interdire les signes religieux dans les établissements publics (hôpitaux, mairies, écoles).

Cette proposition du gouvernement provoque une augmentation de l’islamophobie (voir agression dans le bus), le repli communautaire et une division importante dans la société.

Les événements que vivent actuellement les musulmans du Québec ont eu lieu ces vingt dernières années en France avec des débats houleux sur les plateaux télé à propos du voile à l’école ou du niqab dans l’espace public.

A l’époque en France comme aujourd’hui au Québec, les méthodes sont les mêmes.

Lors des débats, on envoie un collabeur ou une beurette de service récemment immigré, qui dans une revanche personnelle, crie à la soumission de la femme dans son pays d’origine, à la chance de ne pas être dans un pays musulman qui opprime les femmes, à la laïcité, à l’obscurantisme etc etc… 

Pas de débat de fond, juste du cinéma d’un béni oui-oui arrivé hier qui donne des leçons à des françaises ou des québécoises nées ici qui revendiquent leur droit en tant que citoyennes à pratiquer leur religion comme bon leur semble.

Sur le plateau, c’est un mélange de Fadela Amara et de Mohammed Moussaoui qui s’exprime face à une jeune étudiante québécoise.

La rhétorique est huilée, intégrisme religieux en Algérie, droit des femmes au Québec, sexisme, obscurantisme islamiste etc, on l’aura compris, il n’y a pas de débat de fond mais du sentimentalisme pour toucher le public québécois.

Une méthode qui fonctionne mais qui a ses limites. Après les débats sur le voile et le niqab en France, il n’est plus possible d’utiliser les arguments de la soumission de la femme musulmane.

Alors les laïcards islamophobes en trouvent d’autres : communautarisme, sécurité (dixit Copé), refus de l’assimilation etc etc…

Vous l’aurez compris, rien ne sert de débattre sur un plateau car le musulman sera toujours la coupable qui doit s’expliquer.

La vie politique se joue derrière la caméra, en coulisse.

La communauté musulmane doit s’organiser afin de faire tomber le gouvernement actuel et dans le même temps s’auto-gérer en construisant ses propres écoles, hôpitaux, piscines.

 

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