SHUKRI ABDI, RÉFUGIÉE DE 12 ANS, MORTE NOYÉE PAR SES CAMARADES DE CLASSE

SHUKRI ABDI, RÉFUGIÉE DE 12 ANS, MORTE NOYÉE PAR SES CAMARADES DE CLASSE

Le corps de Shukri Abdi, réfugiée somalienne de 12 ans, a été trouvé le 27 juin dernier au soir dans une rivière à Manchester. 

Shukri Abdi était harcelée par ses camarades de classe. L’une d’elles l’avait menacée ce jour-là :

“Va dans l’eau, ou je vais te tuer !”

Cette même camarade de classe l’avait d’ailleurs violemment poussée à plusieurs reprises dans les vestiaires un peu plus tôt dans la journée, pour la convaincre de la suivre à la rivière après l’école.

Une autre fille, présente à ce moment là, a raconté que Shukri était inquiète et effrayée et n’osait pas réagir. 

Lorsqu’elle a rejoint ses camarades de classe à la rivière, Shukri avait émis quelques réserves quant à pénétrer dans l’eau, puisqu’elle ne savait pas nager. Mais ses camarades de classe l’ont alors persuadée de le faire.

Lorsqu’elle s’est enfoncée dans l’eau, elle a alors commencé à paniquer, luttant pour ne pas se noyer, cherchant à s’appuyer sur la camarade de classe qui l’avait violentée un peu plus tôt. Mais celle-ci s’est alors éloignée d’elle pour nager plus loin.

Lorsque Shukri est descendue une deuxième fois dans l’eau, elle n’est jamais réapparue.

“Je savais qu’elle mourrait” a déclaré l’un des enfants, témoin de la scène.

La police de Manchester a rapidement classé l’affaire après avoir trouvé le corps sans vie de la jeune enfant dans la soirée. 

Selon eux, Shukri avait simplement nagé pour se rafraîchir et son décès n’était qu’un ”tragique accident”. 

La mère de la victime a déploré ce qui est selon elle, un racisme institutionnel au sein de la police, qui a contraint la famille à ignorer complètement les circonstances de la mort de Shukri.

En effet, bien que la mère de Shukri ait indiqué à la police que sa fille ne savait pas nager et qu’il était impossible qu’elle le fasse avec ses habits islamiques, la police a essayé de la convaincre du contraire.

Selon elle, la police n’a pas été sympathique et lui a parlé très durement, alors qu’elle venait d’apprendre la mort de sa fille quelques heures plus tôt. 

L’avocat de la famille a mis en avant le fait qu’un communiqué avait été publié par la police, indiquant qu’il n’y avait pas de circonstances suspectes à ce décès, à peine quelques heures après avoir trouvé son corps. Pourtant, le laps de temps était bien trop court pour mener à bien des investigations. 

Selon lui, la famille aurait été traitée différemment si elle était d’une ethnie différente. 

Aujourd’hui, rappelons que les enfants présents et peut-être impliqués dans la mort de Shukri n’ont pas été inquiétés. 

La maman de la défunte, ainsi que d’autres militants, se battent encore pour que lumière et justice soient faites sur cette affaire. 

La défunte Shukri Abdi était arrivée à Manchester en 2017 avec sa maman et ses quatre frères et sœurs via un camp de réfugiés au Kenya.

Croyant avoir enfin trouvé la paix et la sérénité au Royaume-Uni, Shukri Abdi n’y a finalement trouvé que la mort et la désolation, deux ans après avoir fui son pays d’origine, la Somalie.

A l’heure ou les manifestations du mouvement Black Lives Matter agitent une partie du monde, il serait temps d’exiger justice pour cette enfant de douze ans dont la vie ne semble pas compter en raison de son statut de réfugiée noire musulmane. 

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