Turquie – Des députées voilées font leur arrivée au parlement

Une première en Turquie, jeudi 31 octobre, quatre députées issues de l’AKP, le parti dit islamique du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, sont venues voilées au Parlement. 

Cette arrivée a été vue comme une intrusion mettant en péril la laïcité du pays. 

 L’AKP est le parti au pouvoir. Les trois députées issues de ce mouvement ont osé porter le voile alors que cette tentative n’avait pas été réalisée depuis 1999, tentative de Merve Kavakci qui avait été renvoyée en raison de cette tenue vestimentaire. 

 Ces femmes espèrent être suivies. 

“Nous allons assister au début d’une ère importante, et nous jouerons un rôle moteur, nous serons des porte-drapeaux, c’est très important”, a lancé à Reuters Nurcan Dalbudak, l’une des députées.

Depuis lors, une autre députée s’est présentée au Parlement cheveux couverts. Ces femmes ont été élues en 2011 lors des élections législatives. 

Début octobre, l’AKP avait aboli la loi interdisant le port du foulard au sein de la fonction publique

Le voile est le grand sujet tabou en Turquie. Il cristallise les antagonismes entre laïcs et les musulmans.

 Le principal mouvement représentant cette voie laïque est le Parti républicain du peuple (CHP). Ce dernier souhaite entamer une procédure de lutte contre l’initiative de ces cinq femmes bien qu’aucun texte n’interdise leur tenue. 

 La députée appartenant à ce parti, Dilek Akagün Yilmaz, réagit de manière violente à ce sujet :

“Tous nos membres sont d’accord pour dire qu’il s’agit d’une exploitation de la religion par l’AKP. Nous ne resterons jamais silencieux face à des actes visant à éliminer le principe de la laïcité”.

Quant à Erdogan, il a tenu à rester ferme sur le sujet en soutenant les cinq députées:

“Il n’y a aucun règlement au Parlement qui l’interdise et chacun doit respecter la décision de nos sœurs sur ce sujet, a-t-il dit. Elles ont été élues par la nation et elles représentent la nation devant le Parlement.”

 

La Turquie par ses récentes réformes permet à nouveau une visibilité de l’islam dans la fonction publique.

 

 

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