L’Arabie saoudite veut “redevenir” “un pays avec un Islam modéré, ouvert à toutes les religions et au monde”

Le prince héritier d’Arabie saoudite, prenant la parole lors d’une importante conférence sur les investissements, a promis que son royaume reviendrait à “ce que nous étions avant – un pays avec un Islam modéré, ouvert à toutes les religions et au monde”.

Mohammad bin Salman bin Abdulaziz Al Saud a annoncé mardi l’annonce du lancement de la future initiative d’investissement à Riyad.

Le pays fera également plus pour lutter contre l’extrémisme, a indiqué le prince, estimant que l’Arabie saoudite avait abandonné la modération en 1979 avec la montée en puissance de courants religieux extrémistes.

“Nous n’allons pas passer 30 ans de plus de notre vie à nous accommoder d’idées extrémistes et nous allons les détruire maintenant”, a-t-il assuré.

“Nous allons détruire l’extrémisme très bientôt”, a insisté le jeune prince, dont les propos ont été ponctués par de francs applaudissements.

Pour mettre en place son projet, le prince héritier a décidé de mettre en prison tous les prêcheurs, prédicateurs et autres imams qui oseraient critiquer sa politique. Des dizaines de religieux ont déjà été arrêtés par les autorités sans que leurs proches puissent avoir des nouvelles. 

Dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001, les autorités saoudiennes ont travaillé aux côtés des États-Unis et d’autres pays occidentaux pour lutter contre la radicalisation et le financement du terrorisme, mais ont souvent été critiquées pour ne pas en faire assez.

Le prince bin Salman, qui a soudainement été nommé héritier du trône par son père, le roi Salman bin Abdulaziz Al Saud, est considéré par beaucoup comme le visage du royaume moderne.

Ce jeune homme de 32 ans est le moteur de “Vision 2030” : libéralisation des mœurs dont le premier coup d’éclat est la liberté de conduire pour les saoudiennes. La mise en place de station balnéaires où la charia ne sera plus appliquée et où l’on pourra boire de l’alcool, où la mixité sera autorisée et où les femmes pourront porter un bikini

Alors que le prince bin Salman s’est forgé une réputation de réformateur audacieux et socialement libéral, les critiques soulignent sa politique étrangère radicale. En tant que ministre de la Défense – un poste qu’il occupe depuis 2015 -, il a fait l’objet d’une condamnation pour son rôle dans l’intervention sanglante de l’Arabie saoudite dans la guerre civile yéménite.

Le prince est également considéré comme l’un des principaux décideurs derrière la récente coupure des liens avec le Qatar par les États du Golfe.

Toujours dans le cadre de la Future Investment Initiative, le Prince bin Salman a annoncé la création de Neom, une nouvelle zone économique indépendante de 500 milliards de dollars US (381 millions de livres sterling) qui sera construite à la frontière avec la Jordanie et l’Égypte.

Le projet 2025 utilisera des énergies alternatives et servira de centre mondial d’innovation technologique, a-t-il dit.

La conférence, qui se déroulera jusqu’ à jeudi, a pour but de montrer que Riyad s’ouvre au monde moderne et diversifie ses sources de revenus, à la suite d’une chute mondiale des prix du pétrole.

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