L’Egypte pratique la torture « à la chaîne » selon Human Rights Watch

La barbarie est une marque de fabrique de certains régimes autoritaires arabes qui aiment torturer les populations. Une cruelle réalitée que dénonce aujourd’hui Human Rights Watch.

Depuis juillet 2013, et le renversement par l’armée égyptienne du premier président démocratiquement élu, la torture est redevenue la carte de visite des services de sécurité, et le manque de punition contre sa pratique routinière a défini l’autoritarisme de l’administration du président Abdel Fattah Al-Sissi. La recherche à tout prix de la stabilité politique par le président Sissi a donné au ministère de l’intérieur la main libre, perpétuant les mêmes abus qui ont nourri le soulèvement de 2011 », estime HRW dans ce rapport.

Khaled, un prisonnier du régime, raconte les tortures qu’il a subi pendant plus de six jours :

« Vous êtes à leur merci : c’est quoi que l’on demande, vous le ferez”. J’ai été électrocuté à la tête, aux testicules, sous les aisselles. Ils chauffent de l’eau et vous la jettent dessus. Chaque fois que je perdais conscience, ils me la jetaient dessus », se souvient-il.

Suite à ces tortures, Khaled a accepté de lire les aveux pré-écrits qu’ils lui ont donnés devant la caméra. Le procureur, à qui la victime a raconté sa situation, lui a indiqué que ce « n’était pas son problème et que s’il ne réitérait pas ses aveux devant lui, il le renverrait se faire torturer. »

Un rapport qui arrive tard mais qui permet à chacun de noter le silence des diplomaties occidentales voire leur collusion avec un régime qui a massacré près de 2000 civils 24h après son putsch. 

Le régime putschiste d’Al Sissi a été soutenu par Israël et les pétromonarchies du Golfe avec un silence assourdissant de la presse occidentale si prompte à critiquer l’ex-président légitime Mohamed Morsi. Depuis plusieurs années, les Etats-Unis, la Russie et la France arment la dictature égyptienne malgré les nombreuses critiques à l’encontre d’Al Sissi. 

 

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