Manuel Valls : l’état d’urgence maintenu « jusqu’à ce que nous soyons débarrassés de l’EI »

Le premier Ministre français interrogé par la BBC depuis Davos a indiqué que l’état d’urgence sera maintenu jusqu’à la fin de l’organisation jihadiste “Etat Islamique”. Une annonce qui risque de provoquer un tollé dans la communauté musulmane et les associations qui luttent pour les droits de l’homme.

Manuel Valls a annoncé ce vendredi vouloir prolonger l’état d’urgence en France jusqu’à la fin de toute menace. Une déclaration qui intervient quelques jours après un rapport accablant de l’ONU.

Manuel Valls  a décrit la France comme un état « en guerre » ce qui « signifie qu’il faut avoir recours à toutes les mesures qui, dans le cadre de la loi, nous permettent de protéger les Français. »

A la question de savoir combien de temps pour durer cette mesure d’exception, le 1er Ministre a répondu « jusqu’à ce que nous nous soyons débarrassés de l’Etat islamique ». Une réponse qui choque les internautes toute confession confondue comme le démontrent les commentaires sur les fils d’actualité du journal “Le Monde”. Beaucoup s’inquiètent de la privation des libertés fondamentales, de manifester ou encore de critiquer certaines mesures de l’Etat.

François Hollande a confirmé cette semaine qu’il aimerait voir l’état d’urgence prolongé jusqu’à ce que la révision constitutionnelle et la réforme de la procédure pénale l’accompagnant soient entérinées.

Le gouvernement français semble complétement déconnecté du peuple qui depuis déjà les premiers abus policiers demandent la fin des mesures d’exceptions qui alimentent la peur et le rejet. Depuis les chiffres du Ministère de l’Intérieur, au moins 3300 foyers ont été perquisitionnés, des centaines de personnes assignées à résidence sans validation d’un juge.

Des experts de l’ONU chargés du respect des droits de l’Homme ont appelé la France à ne pas prolonger l’état d’urgence. De nombreuses associations musulmanes ou / et de défense des droits humains ont aussi dénoncé des mesures excessives qui privent de nombreux citoyens de leurs droits et libertés. Les prochaines semaines risquent d’être décisives.

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