Iran : encore une nouvelle condamnation à mort pour un prédicateur sunnite

La Cour suprême iranienne a confirmé cette semaine la condamnation à mort d’un prédicateur arrêté en 2009. Shahram Ahmadi est accusé d'”inimitié envers Dieu” car musulman sunnite.

Le tribunal a rendu le verdict final pour Shahram Ahmadi en prison depuis 2009 pour la simple raison d’être un prédicateur sunnite. En 2012, son frère cadet, Bahram Ahmadi, avait déjà été exécuté, avec cinq autres prédicateurs sunnites.

Shahram Ahmadi a été arrêté en 2009 alors qu’il rentrait chez lui. Les forces de sécurité iraniennes lui ont tiré dans le dos avant de le frapper et lui casser le nez.

Après des mois de détention en isolement, sous torture physique et psychologique, il a été amené devant un tribunal en 2012. Le procès n’a duré que 5 minutes et Shahram n’a pas été autorisé à parler ou à se défendre. En 5 minutes, le juge Muhammed Mogheseh l’a condamné à mort.

En Juillet 2015 sa condamnation à mort a été annulée, mais il a été condamné à mort à nouveau par le même juge dans la même cour, et il a été informé par son avocat que sa peine a bel et bien été confirmée le 25 octobre 2015.

Le frère de Shahram Bahram a été exécuté le 27 Décembre 2012, en même temps que 5 autres prisonniers qui étaient des amis proches de Shahram. Lorsque la mère de Shahram et Bahram Ahmadi est allée rendre visite à ses fils en prison en 2013, elle ne voyait que Shahram et ne savait pas que son plus jeune fils avait été exécuté. Elle ne l’a découvert qu’après. Elle s’est évanouie. Sur le chemin de l’hôpital, elle a eu un accident de voiture et lorsqu’elle se réveilla de son coma, elle a perdu l’usage de la moitié de son corps, paralysé.

Shahram souffre d’une maladie de l’intestin et d’une infection des reins. Il a perdu l’un de ses reins quand il a été arrêté et fusillé. Son deuxième rein est infecté à cause des mauvaises conditions de détention et la torture de ses geôliers.

Il souffre de fièvre et de diverses douleurs de forte intensité. Pourtant, Shahram est privé de soins médicaux et les autorités pénitentiaires refusent de le transférer dans un hôpital. Sa famille demande de l’aide et du soutien pour qu’il puisse avoir un juge et un procès équitable.

La minorité musulmane en Iran est largement discriminée par le pouvoir qui interdit toute démonstration de pratique islamique. Plus tôt dans l’année, un chef de tribu a été arrêté lors du mariage de son fils après avoir « osé » réaliser une prière en groupe. 

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