La CAF adopte une charte de la laïcité pour ses agents et usagers

La Caisse d’Allocation Familiale (CAF) va instaurer dans tous ses locaux une charte de la laïcité à l’instar de celles mises en place dans les écoles. Une initiative qui interroge.

Après l’école de la République, c’est la CAF qui décide de mettre en place une charte de la laïcité dans ses locaux. Dans quelques semaines, 103 CAF vont mettre en évidence ce document composé de 9 articles.

D’après le journal Le Parisien, la CAF souhaite promouvoir par cette nouvelle “charte laïque” le “bien-vivre-ensemble”. Le document sera avant tout un rappel de neutralité religieuse pour les 35 000 employés de la CAF. Il s’agit ensuite de rappeler aux usagers que les signes religieux distinctifs ne doivent pas perturber le bon fonctionnement des services.

“Nul salarié ne peut notamment se prévaloir de ses convictions pour refuser d’accomplir une tâche”, stipule l’article 6 de la charte. La religion des usagers ne doit pas perturber “le bon fonctionnement du service” et respecter “l’ordre public établi par la loi”.

D’après Daniel Lenoir, directeur général de la Caisse nationale des allocations familiales, cette charte de la laïcité intervient après les attentats de Charlie Hebdo et quelques “incidents” survenus au sein des sièges de la CAF.

Depuis le 7 janvier, “quelques incidents assez limités” ont eu lieu, comme des “réactions d’usagers radicalisés islamistes qui agressent des agents d’accueil”, affirme Lenoir.

A noter que le non respect de cette charte peut conduire la CAF à supprimer les subventions à ses partenaires tels que les centres sociaux, les crèches et autres associations de solidarité. Les bénéficiaires des allocations pourraient rapidement se retrouver en difficulté financière si la charte n’est pas respectée.

Si les musulmans ne sont pas directement cités dans cette charte, il est évident qu’à l’instar de celles affichées dans les écoles, les articles visent directement la communauté musulmane. Le “bien-vivre-ensemble” cache de moins en moins sa volonté de restreindre petit à petit les libertés individuelles et de cultes.

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