Nigéria : Deux infirmières renvoyées en raison de leur voile

Le Nigéria n’est pas épargné par les discriminations islamophobes. Deux infirmières musulmanes qui, après avoir trouvé un emploi à l’hôpital de Lagos, ancienne capitale du pays, ont été renvoyées pour avoir refusé de retirer leur voile. Les autorités de l’hôpital leur ont demandé de choisir entre leur travail et leur voile islamique.

Fasilat Olayinka Lawal, l’une des infirmières concernées, explique :

“Au début du premier mois, on m’a demandé de retirer mon voile.[…] Je les ai suppliés de m’autoriser à le porter.”

Elle ajoute qu’elle a une autorisation des dirigeants du Département Infirmier au sein du Conseil d’Infirmerie et des sage-femmes du Nigéria. 

La raison invoquée pour justifier l’interdiction du voile est la non conformité à la tenue adéquate d’une infirmière “il s’agit d’une tenue impropre car le hijab n’est pas une charlotte spécifique aux infirmières”. 

Les deux femmes étaient accusées d’acte d’insubordination car elles ont continué à porter leur hijab malgré l’interdiction.

Voilà déjà plusieurs mois qu’elles se battent contre cette injustice. Cependant,  le Conseil disciplinaire réuni en avril a exigé qu’elles retirent leur voile au travail sans quoi elles ne pourront revenir exercer leur métier. Ainsi, les femmes ont saisi la justice. Elles demandent désormais des réparations pour cette injustice qui va à l’encontre de leurs droits fondamentaux.

Le voile devient une réelle polémique dans la région du Sud-Ouest du Nigéria dans laquelle les musulmans accusent les institutions publiques d’empêcher les femmes musulmanes de jouir de leur droit de porter le voile, pourtant autorisé par la constitution. 

Il y a quelques années, le gouvernement de Lagos a interdit le port du voile à l’école. La tenue islamique est également proscrite dans la plupart des territoires du Sud-Ouest. La communauté musulmane poursuit en justice l’Etat afin d’obtenir l’autorisation de porter le voile à l’école.

Les dirigeants musulmans s’érigent contre ces mesures et abus discriminatoires qui violent les droits religieux des étudiants musulmans tels qu’énoncés dans la constitution. 

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