Ne pas jeûner pendant les examens : rétropédalage du Conseil des Théologiens des Musulmans

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En Belgique comme en France, deux conseils d’imams ont lancé des fatwas permettant aux étudiants de rompre le jeûne lorsqu’ils passent des examens scolaires. Un avis juridique inédit qui a provoqué un tollé en Belgique et qui a poussé le Conseil des Théologiens des Musulmans de Belgique à faire marche arrière.

« Les étudiants et les élèves en âge de jeûner qui se trouvent en difficulté pour combiner le ramadan avec les examens, peuvent reporter ces jours de jeûne ultérieurement ».

C’est par cette phrase que terminait le communiqué du Conseil des Théologiens des Musulmans de Belgique permettant aux étudiants de ne pas jeûner lorsqu’ils trouvaient « des difficultés à combiner le ramadan avec les examens ». Un avis juridique inédit qui a rapidement fait la joie des « musulmans libéraux », qui en autre appellent à ne pas jeûner lorsqu’il fait chaud, et qui a provoqué l’incompréhension d’une grande partie des fidèles. 

Face aux questions de la communauté musulmane, Mohamed Toujgani, imam de la mosquée Al Khalil et président de la Ligue des Imams de Belgique, a clarifié sa position avant la prière Tarawih. Son frère, Taher Toujgani, président  du Conseil des Théologiens des Musulmans de Belgique, a également publié un nouveau communiqué afin de préciser le premier communiqué de son association. 

Contrairement au premier communiqué publié sur le site de l’Exécutif des Musulmans de Belgique, le deuxième, plus long, procède à une clarification importante quant à la possibilité de ne pas jeûner pendant les examens. L’élément principal étant le fait qu’il est interdit à un étudiant musulman de commencer sa journée sans être en état de jeûne. La fatwa du conseil théologique revient sur la possibilité de couper le jeûne en cas de force majeur comme un malaise handicapant, …

Une position au final qui revient sur l’avis traditionnel qui n’autorise pas les étudiants à ne pas jeûner pendant leurs examens contrairement à ce qui avait pu être déclaré quelques jours avant. Evidemment, le Conseil Théologique assure  que « l’étudiant ou l’élève pubère reste avec tout cela, seul responsable de sa propre personne devant Dieu »…

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Vos réactions :

  1. Croissant de lune

    Assalamou ‘alaïkoum, sauf erreur de ma part, mon pauvre petit nefs me dispose à dire que, questionné sur le fait de savoir si les étudiants peuvent ou non reporter les jours des examens à plus tard, quelle que soit la réponse, donc les deux proposées ici, il faudrait souligner que, dans ces circonstances, la libre responsabilité de la personne concernée se repose sur la miséricorde d’Allah. Une réponse générale est discutable. Par exemple, ça m’étonnerait beaucoup que la seule rupture des jours d’examens améliore beaucoup les performances du candidat et sa concentration. Il n’y a pas que la résistance purement physique, il y a toutes les éventuelles perturbations digestives et autres, toute rupture pour un jour ou quelques jours du rythme de vie perturbe beaucoup la concentration. Si l’examen est un exercice purement intellectuel, ce n’est pas la même chose que le passage d’un oral par exemple, ou d’épreuves pratiques, soutenir un mémoire n’est pas comme une composition sur table ni un questionnaire multiple. Il n’est pas sûr du tout que le jeûn d’une personne de bonne constitution physique diminue ses performances intellectuelles, sauf à la rigueur, si on est en début de mois, c’est la rupture du rythme qui compte le plus. Et les seuls jours d’examens ne sont pas forcément du travail le plus intense, il y a toutes les préparations, avec parfois des nuits de veille.

    Sauf erreur de ma part, le mieux est de répondre qu’en fin de compte, on ne sait pas, il y a la règle générale, mais il y a le vécu et la responsabilité du candidat. La question ne s’est pas posée pour moi aux années d’étude et quand je passais des épreuves, Ramadan était distant de la période de gros travail et tension préparatoire. Cela dépends bien sûr des examens, s’il s’agit du baccalauréat, et autres examens scolaires, ce ne sont pas des épreuves telles que le jeûn les perturbe vraiment. La question se pose vraiment pour les examens diplômants, de forte tension et sélection. En ce cas, la question la plus pertinente serait selon moi, « est-il permis de reporter le mois de Ramadan entier, jusqu’après la fin des épreuves et examens qui ne sont que l’aboutissement d’un gros travail préparatoire. Je suis presque sûr que, pour les personnes de bonne constitution physique, quand on ne craint pas une défaillance ponctuelle, rompre le jeûn quelques jours seulement ne change rien, voire n’améliore rien. Ou on est résolu à tenir le jeûn de Ramadan sans changement ni rupture partielle, ou bien on reporterait le mois entier. Et ceci en tenant bien sûr compte des effets psychologiques évidents associés à la rupture ou au report.

    A mieux savant d’en discuter, je tiens que le mieux est de répondre qu’on ne sait pas, en laissant la responsabilité au Musulman sincère, qui, quoi qu’il en soit, a la miséricorde d’Allah qui voit et sais tout.

    Croissant de lune.

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